Demandez un devis pour un site vitrine à cinq prestataires et vous recevrez cinq chiffres entre 900 € et 12 000 €. Ce n'est pas que quatre d'entre eux essaient de vous arnaquer : c'est que « site vitrine » ne veut rien dire tant qu'on n'a pas dit ce qu'il y a dedans. Cet article donne les fourchettes que nous pratiquons, et surtout ce qui fait passer d'une case à l'autre.
« Site vitrine » recouvre au moins quatre produits différents
Le terme désigne indifféremment une page unique qui présente une activité et un site de dix pages avec un blog, un espace presse, des formulaires qualifiés et trois langues. Entre les deux, il y a un facteur dix sur la charge de travail. Avant de comparer des devis, il faut donc comparer des périmètres.
Quatre questions suffisent à situer un projet :
- Combien de pages réellement différentes ? Dix pages qui partagent le même gabarit coûtent bien moins cher que quatre gabarits distincts.
- Qui édite le contenu après la livraison ? Un site que vous devez pouvoir modifier seul demande un back-office, donc du développement en plus.
- Le site doit-il aller chercher du trafic, ou seulement exister ? Une carte de visite en ligne et un site pensé pour ranker n'ont pas le même contenu ni la même structure.
- Y a-t-il des connexions à l'extérieur ? Réservation, paiement, CRM, catalogue synchronisé : chaque intégration est un projet dans le projet.
La grille de prix
Voici ce que nous facturons, en tarifs fermes fixés avant le démarrage. Ce sont des planchers : ils correspondent à un projet dont le périmètre a été cadré, pas à une fourchette d'appel.
| Formule | À partir de | Délai | Ce que ça couvre |
|---|---|---|---|
| Landing page | 1 000 € HT | 2–3 semaines | Une page, un objectif, un formulaire. Design sur-mesure, mobile-first, SEO de base. |
| Site vitrine 5–10 pages | 3 000 € HT | 4–6 semaines | Site professionnel complet, CMS éditable, hébergement inclus la première année. |
| Vitrine SEO & contenus | 5 000 € HT | 6–8 semaines | Le précédent, plus une stratégie de mots-clés, un blog, les données structurées et l'analytics. |
| E-commerce simple | 6 000 € HT | 6–10 semaines | Catalogue, paiement, gestion des stocks, fiches produits optimisées. |
| E-commerce avancé | 10 000 € HT | 10–16 semaines | Connexion ERP ou CRM, stocks en temps réel, vente multi-canaux. |
Pour situer ces chiffres : le marché français des agences se situe entre 500 et 900 € de tarif journalier. Un site vitrine à 3 000 € représente donc autour de cinq jours de travail effectif — cadrage, design, intégration, mise en ligne et recette comprises. Quand un devis descend nettement en dessous, ce n'est pas que le prestataire est plus efficace : c'est qu'il a retiré quelque chose du périmètre.
Ce qui fait vraiment varier la facture
Le nombre de gabarits, pas le nombre de pages
C'est le facteur le plus mal compris. Une fois qu'un gabarit « page de service » existe, la sixième page de service coûte le prix de sa mise en contenu — quelques dizaines de minutes. En revanche, une page qui ne ressemble à aucune autre, c'est un cycle complet de design, d'intégration et de recette. Comptez les gabarits, pas les entrées du menu.
Le design sur-mesure contre le thème adapté
Partir d'un thème existant fait gagner du temps sur le design et en fait perdre sur l'intégration : on passe le projet à combattre des choix qu'on n'a pas faits. En dessous de 2 000 €, le thème est le seul modèle économique viable. Au-delà, le sur-mesure revient souvent moins cher à l'usage — et c'est ce qui permet au site de ne pas ressembler à ceux de vos concurrents.
Le SEO technique, s'il est prévu dès la conception
Intégré au départ, le SEO technique ne coûte presque rien : c'est une manière de construire, pas une couche à ajouter. Rajouté après coup, il devient un chantier. Nous en avons refait l'expérience sur notre propre site : la page d'accueil était rendue côté client et ne servait aux robots que 31 mots et aucun lien. La corriger a demandé un système de pré-rendu, la reconstruction du maillage interne et la création de pages de catégorie. Prévu dès le premier jour, ce travail n'aurait pas existé.
Les intégrations
Un formulaire qui envoie un e-mail est inclus partout. Un formulaire qui crée une fiche dans votre CRM, déclenche une séquence et remonte dans un tableau de bord, c'est un développement à part entière. Même logique pour la réservation en ligne, le paiement ou un catalogue synchronisé avec votre gestion.
Les langues
Une deuxième langue n'est pas « le même site en double ». Il faut une URL par langue, des balises
hreflang croisées, un sélecteur qui change réellement d'adresse, et une traduction qui ne soit
pas de la traduction automatique. Comptez 20 à 30 % du budget initial par langue supplémentaire.
Les postes qui ne sont presque jamais dans le devis
Ce sont eux qui font déraper les projets, parce que personne ne les a chiffrés au départ.
- La rédaction. Le prestataire attend vos textes, vous attendez sa proposition, et le projet s'arrête six semaines. Si vous ne rédigez pas vous-même, faites-le chiffrer.
- Les photos. Les banques d'images se voient. Une demi-journée de photographe change un site plus sûrement que 1 000 € de développement supplémentaire.
- Les redirections. Sur une refonte, si les anciennes URL ne sont pas redirigées une par une vers les nouvelles, vous perdez le référencement acquis. Ce n'est pas une option.
- La maintenance. Un site n'est pas un meuble. Mises à jour de sécurité, corrections, surveillance : soit c'est un contrat, soit c'est vous.
- L'hébergement au-delà de la première année. Souvent offert au départ, rarement chiffré ensuite.
Un repère simple : si un devis ne mentionne aucun de ces cinq postes, ce n'est pas qu'ils sont inclus — c'est qu'ils n'ont pas été pensés. Posez la question avant de signer, pas après.
Trois pièges classiques
Le site à 500 €
Il existe, et il est parfois le bon choix : si vous avez besoin d'une présence en ligne minimale et rien d'autre, un constructeur no-code à quelques dizaines d'euros par mois fait le travail. Le piège, c'est de le prendre en croyant acheter un site professionnel évolutif. Vous découvrirez le plafond au moment où vous voudrez le dépasser, et il faudra tout refaire.
Le forfait « tout compris » sans périmètre écrit
« Tout compris » n'est vérifiable que si la liste existe. Sans document qui dit combien de gabarits, combien de cycles de retours, quelles intégrations et qui écrit les textes, la moindre demande devient un avenant. Un devis ferme suppose un périmètre ferme — c'est ce qui protège les deux parties.
Le CMS que vous ne pouvez pas utiliser
« Site éditable » veut parfois dire qu'un développeur peut éditer le site. Demandez une démonstration de l'interface d'administration avant la signature, et faites-vous montrer comment on change un titre, une photo et un prix. Si la démonstration prend plus de deux minutes, ce n'est pas un CMS pour vous.
Lire un devis en cinq minutes
Cinq questions, dans cet ordre. Si les cinq réponses sont écrites dans le devis, il est sérieux.
- Combien de gabarits différents, et combien de pages par gabarit ?
- Combien de cycles de retours sont inclus, et que se passe-t-il au-delà ?
- Qui fournit les textes et les images ?
- Qu'est-ce qui est prévu pour le référencement : structure, données structurées, redirections en cas de refonte ?
- Que couvre exactement la maintenance après livraison, et à quel prix ?
Un devis qui répond à ces cinq points peut être plus cher qu'un autre et rester le moins coûteux des deux, parce qu'il n'y aura pas de surprise. C'est aussi pour ça que nous travaillons au forfait, avec un devis ferme fixé avant le démarrage : le risque de dérapage est de notre côté, pas du vôtre.
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